11 KiB
11 KiB
1. Cadre général du « codage CIM‑10 » dans le cadre d’un contrôle T2A
(vision d’un médecin DIM – expert en codage et en gestion des contrôles)
| Phase | Objectif | Principales actions | Outils / livrables |
|---|---|---|---|
| Avant le contrôle | Préparer le dossier afin que toutes les données nécessaires soient disponibles | 1. Réception de la notification ARS (lettre de contrôle). 2. Identifier le patient / séjour (nom, prénom, NIR, unité médicale, date d’entrée et de sortie, mode d’entrée). 3. Récupérer : • le CRH (Compte‑Rendu Hospitalier), • les actes classants (chirurgicaux, anesthésie, etc.) et non‑classants (imagerie, biologie, etc.), • les examens (scanner, IRM, échographies), • les bilans biologiques (hémocultures, Bilan rénal, Bilan hépatique, etc.), • les notes infirmières / IDE / kiné, • les documents d‑administration (admission, transfert, sortie). 4. Vérifier la présence du numéro OGC (fichier RSS‑DEF/DRUIDE) : il permet d’associer chaque unité médicale au dossier OGC. 5. Créer le fichier de suivi (tracker / Excel ou CSV) contenant tous les éléments ci‑dessus, classés par unité médicale. |
- Fichier RSS‑DEF (ou export DRUIDE) – numéros OGC - EVA (ou système interne) – tracker - Guide méthodologique CIM‑10/ T2A (chapitres 5‑6, règles M2, D1‑D3, etc.) |
| Pendant le contrôle | Analyser le dossier et déterminer le diagnostic principal (DP) et les diagnostics associés (DAS) conformément aux règles de la CIM‑10 et du tarif T2A | 1. Lire chronologiquement le parcours patient : motif d’entrée → urgences → prise en charge → interventions → évolution. 2. Identifier le DP : le problème de santé qui a justifié l’hospitalisation. - Si le DP est une pathologie clairement identifiée (ex. pancréatite, colique hépatique), il devient le DP. - Si seul un symptôme persiste et aucune cause n’a été trouvée (ex. douleur abdominale sans cause retrouvée), le symptôme reste le DP (règle D1). 3. Lister les DAS : comorbidités (CMA), maladies chroniques, antécédents pertinents qui ont été traités ou suivis pendant le séjour. - Ne coder comme DAS que les diagnostics effectivement pris en charge (ex. diabète de type 2 traité, anémie traitée). 4. Appliquer les règles de hiérarchisation (ex. R65 = sepsis lorsqu’une fièvre > 38 °C ou fréquence cardiaque > 90 bpm). 5. Vérifier les actes classants : ils orientent le GHM (Groupe Homogène de Malades) et le groupage tarifaire. - Ex. une cholécystectomie → GHM 08C (chirurgical). - Les actes non‑classants (scan, échographie) n’influencent pas le groupage, mais justifient le DP/DAS. 6. Comparer le DP/DAS proposé avec le fichier d’interdiction/acceptation (Excel référentiel CIM‑10 / T2A). - Détecter les codes interdits (ex. K802 vs K805) ; choisir le code autorisé. 7. Émettre un argumentaire : expliquer le choix du DP/DAS, citer les preuves (CRH, compte‑rendu opératoire, résultats d’imagerie, prescriptions). 8. Soumettre le fichier d’UCR (Unité de Contrôle et de Retour) au contrôleur. |
- Guide méthodologique (chapitres 5‑6) - Référentiel CIM‑10 / T2A (Excel) - Outil IA (lecture automatisée) – facultatif, à valider par le médecin |
| Après le contrôle | Répondre aux observations du médecin contrôleur, réviser le codage si nécessaire, finaliser la fiche OGC (numéro OGC + DP/DAS) | 1. Réception du rapport du contrôleur (commentaires, refus de certains codes). 2. Re‑examiner les pièces du dossier pointées (ex. rapport de scanner, prescription). 3. Corriger le DP/DAS ou les actes, en justifiant les changements dans l’argumentaire. 4. Mettre à jour la fiche OGC (nouveau DP/DAS, nouveau groupe‑tarif). 5. Valider la version finale avec le MRC (médecin responsable du contrôle) et le DIM. |
- Fiche OGC mise à jour - Rapport final du contrôle (archivé) |
2. Points d’attention obligatoires (check‑list)
| # | Point d’attention | Pourquoi c’est crucial |
|---|---|---|
| 1. Identification du patient | Nom, prénom, NIR, date de naissance, unité(s) médicale(s) et numéro OGC. | Garantit que le codage porte sur le bon séjour. |
| 2. Dates d’entrée et de sortie | Vérifier la date d’admission (souvent le jour où le patient passe aux urgences) et la date de sortie exacte. | Influence le calcul de la durée, le groupe‑tarif et la pertinence du DP. |
| 3. Mode d’entrée / sortie | Urgences, réanimation, domicile, transfert. | Certains contrôles (ex. transfert inter‑établissements) sont soumis à des règles spécifiques. |
| 4. Exhaustivité du dossier | Tous les documents : CRH, compte‑rendu opératoire, rapports d’imagerie, bilans biologiques, notes IDE/kyné, prescriptions. | Sans la totalité, le DP peut être mal identifié (symptôme vs pathologie). |
| 5. Présence du numéro OGC | Extraction du fichier RSS‑DEF/DRUIDE → OGC 1, OGC 2, … | Nécessaire pour créer/mettre à jour la fiche OGC et lier le séjour au groupe‑tarif. |
| 6. Distinction DP / DAS | DP = motif d’hospitalisation ; DAS = diagnostics réellement traités. | Le DP entre dans le groupe‑tarif, les DAS sont facturés en supplément seulement s’ils sont pris en charge. |
| 7. Règle “symptôme vs cause” | Si aucune cause n’est identifiée, le symptôme reste DP (ex. douleur abdominale non expliquée). | Évite de coder un diagnostic absent du dossier (refus du contrôleur). |
| 8. Sévérité (niveau 2, 3, 4) | Appliquer les règles de gravité (ex. R65 = sepsis, R70 = déshydratation). | Influence le groupe de gravité et le montant de la prise en charge. |
| 9. Actes classants | Identifier les actes qui déterminent le GHM (ex. cholécystectomie → 08C). | Si l’acte classant manque, le groupe‑tarif sera erroné. |
| 10. Actes non‑classants | Conservés pour justifier le DP/DAS mais ne participent pas au groupage. | Useful for argumentation ; must still être mentionnés dans le dossier. |
| 11. Respect du référentiel de codes | Utiliser le fichier Excel CIM‑10/T2A fourni (liste des codes acceptés, interdits). | Empêche le choix de codes “interdits” (ex. K802 vs K805). |
| 12. Comorbidités (CMA) | Coder les pathologies chroniques si elles sont effectivement prises en charge pendant le séjour. | Elles sont prises en compte dans le calcul du GHS et du coefficient de sévérité. |
| 13. Vérification des transferts | Si le patient a été transféré d’un autre établissement, en note la prise en charge et l’inscrire dans le OGC. | Le contrôle peut remettre en cause le DP si le transfert n’est pas justifié. |
| 14. Argumentaire écrit | Chaque code doit être justifié (CRH, rapport d’anatomopathologie, résultats d’imagerie, prescription). | Le contrôleur se base sur cet argumentaire pour valider ou refuser. |
| 15. Validation par le DIM | Avant l’envoi, le DIM vérifie la conformité du DP, des DAS, des actes et du fichier OGC. | Dernière couche de contrôle interne avant la soumission. |
| 16. Gestion des corrections | Si le contrôleur propose un changement, modifier le DP/DAS/OGC et mettre à jour l’argumentaire, puis re‑soumettre. | Permet de clôturer le contrôle sans pénalité financière. |
| 17. Suivi des dossiers “hors‑norme” | Identifier les dossiers où le DP reste un symptôme non résolu ou où le montant à payer est très élevé ; les faire valider manuellement. | Ces dossiers requièrent souvent l’intervention du médecin contrôleur pour éviter un « refus total ». |
| 18. Historisation | Conserver chaque version de la fiche OGC, du tracker et du rapport d’argumentation. | Traçabilité exigée lors de contrôles subséquents ou d’audits. |
| 19. Format de remise | CSV / Excel : numéro dossier, OGC, DP, DAS, actes classants/non‑classants, dates, mode d’entrée, groupe‑tarif, justification. | Le format attendu par le service de contrôle (ex. Blue‑File/ShareFile). |
| 20. Respect des délais | Soumission du dossier complet avant la date limite indiquée dans la notification T2A. | Tout retard entraîne des pénalités automatiques. |
3. Synthèse pratique – Modèle de fiche de contrôle T2A
| Colonnes | Contenu attendu |
|---|---|
| N° dossier | Identifiant interne de l’établissement. |
| Numéro OGC | OGC‑1, OGC‑2 … (extrait de RSS‑DEF/DRUIDE). |
| Date d’entrée | JJ/MM/AAAA + mode (urgences, SD, etc.). |
| Date de sortie | JJ/MM/AAAA + mode (domicile, transfert). |
| DP | Code CIM‑10 principal (ex. K85.0 pancréatite aiguë). |
| Motif d’hospitalisation | Texte libre (ex. douleur abdominale, colique hépatique). |
| DAS (CMA) | Codes CIM‑10 associés, seuls s’ils ont été traités (ex. E11.9 diabète, Z92 antécédent). |
| Actes classants | Code CCAM + date (ex. HAJFA cholécystectomie). |
| Actes non‑classants | Code CCAM + date (ex. ZEFA scanner). |
| Groupe‑tarif (GHM) | Code GHM résultant du regroupement (ex. 08C). |
| Sevérité | Niveau 1/2/3/4 ou R65 etc. |
| Justification | Référence précise (CRH n°, compte‑rendu opératoire, rapport d’imagerie, ordonnance). |
| Commentaire contrôleur | (à remplir après réception). |
| Statut | Soumis / accepté / corrigé / clôturé. |
Cette fiche peut être exportée en CSV/Excel et importée dans le système de Blue‑File/ShareFile ou directement dans EVA.
4. Conclusion
Le codage CIM‑10 dans le cadre d’un contrôle T2A repose sur une méthode rigoureuse :
- Collecter l’ensemble des pièces du dossier (CRH, OGC, actes, bilans).
- Analyser le parcours clinique pour identifier le diagnostic principal (DP) et les diagnostics associés (DAS).
- Appliquer les règles de hiérarchisation, de sévérité et de compatibilité du référentiel (Excel).
- Justifier chaque code par des documents probants et rédiger un argumentaire clair.
- Vérifier le tout avec le DIM, puis le soumettre via la fiche OGC.
- Traiter les remarques du contrôleur en révisant le DP/DAS, en documentant les changements et en re‑soumettant.
Respecter scrupuleusement les points d’attention obligatoires listés ci‑dessus garantit une conformité maximale, minimise les rejets et optimise la valorisation financière du séjour.